Plate-forme des Professionnels de la Santé Mentale


Les professions psychosociales

Que recouvre cette catégorie de professionnels ?

Les professions psychosociales représentent un ensemble diversifié de professionnels - assistants sociaux, assistants en psychologie, logopèdes, psychomotriciens, conseillers conjugaux et familiaux, criminologues, ergothérapeutes, éducateurs spécialisés, infirmiers psychiatriques, sexologues non universitaires - qui, travaillant dans le secteur de la santé mentale, y ont développé leur champ d’action et leurs compétences propres, que ce soit dans le domaine de l’intervention psychosociale ou des réadaptations spécifiques.
En effet, nous retrouvons ces professionnels travaillant quotidiennement dans les hôpitaux psychiatriques, les habitations protégées, les centres de jour, les différentes structures d’hébergement, les services de santé mentale, les lieux d’accueil pour toxicomanes, etc….

Quelles sont leurs méthodes et champs d’action ?

1. Une formation théorique et une pratique supervisée

Au cours de leurs études, ces professionnels sont tenus à une formation théorique et pratique dont des stages obligatoires et des supervisions individuelles et collectives. Celles-ci permettent d’évaluer pas à pas le travail effectué et de réfléchir à la suite à donner à leurs interventions avec les « personnes/usagers/patients »
Ensuite, par leur expérience acquise sur le terrain, chacun de ces intervenants continue à développer ses compétences professionnelles propres, qui offrent une multitude de réponses différentes, alternatives ou complémentaires aux autres professions du secteur ou envoyeurs : psychiatres, médecins généralistes ou spécialistes, psychologues ou psychothérapeutes.


2. Objectif : capacité de créer de nouvelles solutions

La personne que nous rencontrons nous parle de souffrances qui ne sont pas objectivables, contrairement à la maladie organique. La solution, le mieux-être, apparaît non comme recouvrement d’un état antérieur mais comme restructuration subjective et réaménagement du rapport du sujet aux autres et à son environnement social : meilleur accès à ses ressources personnelles, meilleure capacité de panser/penser les blessures psychiques, familiales ou sociales. Ainsi, «aller mieux» ce serait renouer avec la capacité de créer de nouvelles solutions dans son rapport au monde.


3. Des techniques et méthodes propres

Les travailleurs psychosociaux ont élaboré à partir de leur clinique des théories et des méthodes qui s’éloignent de l’assistanat traditionnel pour aboutir à des techniques psychosociales fondées sur des concepts structurels analysant le rapport du sujet à la société, à la famille, au réseau social et environnemental.
Loin du bon conseil charitable, il s’agit d’un travail d’analyse de la demande souvent plus complexe que dans le cadre d’une simple demande de psychothérapie. S’y croisent des enjeux de régulation sociale, de maintien de l’homéostasie à tout prix, ainsi que des souffrances non dites qui resurgissent dans les difficultés à créer un lien social adéquat. De nombreuses années de pratique nous ont appris que cette souffrance personnelle ne se découvre pas à l’œil nu, elle surgit souvent chez des sujets à la limite de la psychose ou borderline, qui ne feront jamais appel à un psychologue ni à un psychiatre dont ils ont la phobie, angoissés d’être catalogués dans un casier de la psychopathologie. Ceci montre bien, comme le soulignent plusieurs psychiatres, que dans la plupart des cas, les situations les plus lourdes sont traitées beaucoup plus fréquemment par les travailleurs psychosociaux

4. Chaque situation est unique

La solution se trouve ensemble, avec le patient et toute l’équipe concernée. En effet, un cadre de travail est à créer pour chaque situation particulière. Rétives à tout enfermement institutionnel, les personnes en difficultés psychiques requièrent, pour les approcher, souplesse et créativité. La solution aux souffrances psycho-sociales n’apparaît jamais toute prête, définie par un savoir conceptuel essentiellement universitaire. Des solutions se découvrent ensemble et se tissent maille par maille, souvent avec l’appui d’un réseau social suffisamment bienveillant pour entourer cette démarche de recherche. 

5. Travail en partenariat et déstigmatisation des personnes en souffrance psychique

Etant quotidiennement aux prises avec une population de plus en plus défavorisée et avec des personnes qui accumulent les difficultés, tant économiques que sociales, médicales et psychiques, la découverte de la nécessité de travailler dans un esprit de partenariat entre les diverses disciplines demeure essentielle. Il ne s’agit nullement d’une hiérarchisation des savoirs mais d’une réelle coordination, dans le respect tant de l’être humain qui demande de l’aide que des divers professionnels qui tentent, en fonction de leurs compétences, de trouver ensemble des issues possibles.
C’est de l’articulation de ces différents modes d’interventions, relevant chacun, d’angles d’approches différents d’une réalité sociale et individuelle, que peut s’élaborer une prise en charge qui réponde à la complexité des situations que nous rencontrons.

C’est pourquoi, contrairement à une logique plus médicale ou strictement scientifique, nous insistons sur le fait que le travailleur psychosocial s’attèle à écouter une personne et non une maladie ou un symptôme fonctionnel. Il accompagne cette personne afin qu’elle trouve les possibilités d’évolution en utilisant ses ressources personnelles et celles de son environnement de proximité.

6. Positions de la Plate forme des professions de santé mentale

  • Introduire un chapitre III nous paraît crucial
    La création d’un nouveau chapitre, qui concerne «l’exercice des professions de santé mentale», n’est pas seulement formelle ; elle reconnaît la spécificité de l’ensemble de ce secteur et implique notamment que la santé mentale mérite d’être organisée, et que cette structuration, au sein d’un Conseil propre, permettra qu’y soient discutées dans un esprit d’ouverture les questions qui s’y rapportent.
    Il est nécessaire et urgent de légiférer en la matière afin de maintenir le professionnalisme de ce secteur et d’éviter la paramédicalisation.
  • La terminologie «assistants en santé mentale» prête à confusion
    Utiliser l’appellation «assistants en santé mentale» pourrait laisser entendre que ces professionnels assistent d’autres professionnels, alors que ce n’est pas le cas et qu’ils jouissent d’une réelle autonomie. La Plate-forme propose donc que cette dénomination soit remplacée par une autre, telle que «autres intervenants de la santé mentale», «professions psychosociales» ou, mieux encore, «professions annexes de la santé mentale».
  • Autonomie historique et reconnue de ces professions
    Chacune des professions psychosociales possède ses règles de déontologie, champ de compétences, modes d’intervention, références théoriques et scientifiques propres que ce soit en milieu hospitalier ou extra-hospitalier.
    L’autonomie historique de chacune de ces professions existe, et est d’ailleurs reconnue dans les différents décrets d’agrément de leur secteur respectif. L’expérience quotidienne du travail dans le cadre de ces institutions et la supervision de professionnels y travaillant nous ont enseigné et confirmé la nécessaire autonomie de chacune des professions reprises dans l’avant-projet.
  • Formations à la psychothérapie ouvertes aux travailleurs psychosociaux
    Si la nécessité de légiférer en matière d’offre de formation et d’exercice de la psychothérapie paraît cruciale afin d’en garantir la qualité et le professionnalisme, néanmoins nous insistons, au sein de la Plate forme, pour que les initiations ou les formations, notamment en psychothérapie, restent le plus ouvertes possible à l’ensemble des professionnels du secteur de la santé mentale de façon à permettre l’accès à une formation permanente dans les matières liées à la santé mentale.

Plutôt que de fermer les débats et de cloisonner les disciplines, nous plaidons pour une ouverture constante à un questionnement des diverses disciplines entre elles. La recherche et la créativité ne sont pas l’apanage d’une profession ou d’un seul lieu de formation, elles sont souvent issues du croisement des savoirs, théoriques ou universitaires, et de l’enseignement de la pratique, nés de l’expérience clinique au quotidien.

 

Actualités

Fin de la Plate-forme

Après presque 20 ans d’existence, les membres de la Plate-Forme ont mis un terme à son activité ce lundi 5 novembre 2018. Voir la news-letter.

 
Les recours rejetés !

Les cinq recours en annulation introduits à l’encontre de la «loi De Block» ont été rejetés par la Cour Constitutionnelle ce 1er mars 2018. Plus d’infos dans la Newsletter.

 
Conseil fédéral constitué !

Voilà les noms des membres du Conseil fédéral des professions de soins de santé mentale (où la psychothérapie a disparu!) : http://www.psychotherapeutes.be/wp-content/uploads/2017/06/KB-benoeming-leden-FRGGZB-AR-nomination-des-membres-CFPSSM1.pdf. Plus d'infos dans la newsletter.

 
   
 
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